ou : Rolls-Royce, cinquante ans de passion ...

Ma passion a débuté dès l'âge de cinq ou six ans, avec une collection de miniatures au 1/43ème, de toutes marques, à qui je faisais subir des accidents spectaculaires dont seules les Rolls-Royce sortaient indemnes. En effet, pour faire plus vrai, j'empruntais en cachette le marteau à papa afin que les véhicules accidentés le soient vraiment...

L'été, ayant la chance de passer une partie de mes vacances entre Nice et Monaco, je pouvais rêver devant les Silver Cloud, Phantom V et nouvelles Silver Shadow qui pullulaient dans ce secteur béni des dieux. Avec l'âge, je me suis rapidement armé d'un petit appareil Konica qui me permettait de « mitrailler » tout ce qui passait, que ce soit à Beaulieu sur mer ou sur place du casino de Monte-Carlo.

Quand nous n'étions pas sur la Côte d'Azur, nous nous rendions dans le Lot où maman possédait une propriété dans les causses. Pour faire les courses, nous nous rendions alors à Figeac où j’espérai toujours croiser Paul Sadoul, lointain cousin de maman, et sa somptueuse Silver Dawn cabriolet Park ward de 1954 (ex-baron Empain). Je dois d’ailleurs avoir quelques photos de cette dernière, prises à cette époque, à la maison !

En 1977, étant trop petit pour sortir tout seul, je me suis rendu pour la première fois à Rétromobile qui se tenait à cette époque dans l'ancienne gare de la Bastille, avec ma grand-mère. Ce salon n'avait alors aucun rapport avec ce qu'il est devenu de nos jours, il me semblait que presque tout le monde se connaissait de vue et on trouvait tout et n'importe quoi à des prix très abordables. Au détour des allées, j'ai d’ailleurs pu y compléter ma collection de catalogues qui avait commencé avec ceux que mon parrain avait bien voulu demander pour moi à la Franco- Britannic.

L'année suivante, je me suis rendu seul à la troisième édition de ce même salon et ai rencontré Jacky Gondry, sympathique belge qui possédait à l'époque une des plus importantes collections de catalogues et de miniatures Rolls-Royce et Bentley. Il me parla du RREC dont il était adhérent et fin 1978, grâce à son parrainage, j'en devins membre à part entière, malgré mes quinze ans. Je fus alors le plus jeune adhérent du club et gardai ce titre pendant de longues années.

Début 1979, je fus accueilli à la section française par l'ami Ludo Pivron à l'occasion d'une réunion qui se tenait au Trianon Palace Hôtel où j'ai tout de suite sympathisé avec Jean et Martine Marcadé. N'ayant pas encore de voiture, j'ai eu la chance de faire la promenade qui suivit le déjeuner dans la Silver Cloud de Jean, la Bentley Mark VI de Ludo, la Silver Shadow de Philippe Moret et pour finir la Silver Wraith de Jean et Andrée Lafargue... Le rêve !

En juillet, ce fut le premier Rallye Paris-Cabourg que je fis à bord de la Silver Dawn de Paul Sadoul que j'avais eu le plaisir de retrouver au RREC. Pendant trois jours, je fus sur un petit nuage ayant été « mandaté » par Ludo pour photographier les véhicules participants. Ce « statut » qui me donna l'occasion de monter à bord de la plupart d'entre elles et notamment la superbe 20/25hp de Derek Harris. L'année suivante, toujours grâce à Ludo Pivron, j'ai collaboré avec Jacques Borgé et Nicolas Viasnoff qui voulaient sortir un livre sur nos chères voitures, mais ne savaient pas faire la différence entre une Wraith et une Silver Wraith, une Phantom V MPW et une James- Young, une Silver Shadow DHC et une Corniche, etc... Mon travail fut rétribué par plusieurs exemplaires de leur livre lorsqu'il sortit et plein de photos dont il se débarrassèrent n'en ayant plus l'utilité !

En 1983, après avoir vendu une partie de mes miniatures et vidé mon livret A, je me portai enfin acquéreur d'une Rolls-Royce à l'échelle 1. Il s'agissait d'une Silver Cloud (N° LSXA77) de 1956 que l'on peut voir apparaître dans le film « prends ta Rolls et va pointer », Elle était assez fatiguée mais heureusement son six cylindres était très fiable et grâce à Marc Sauzeau, qui venait tout juste de s'installer à son compte, je n'ai jamais eu de panne.

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En 1990, alors que je m'étais installé à Nice où j'avais ouvert un magasin d'antiquités, je me rendis chez British Motors à Monaco suite à une énième panne électronique sur ma Daimler (Comme me l'a confirmé un ami collectionneur, sur les anglaises, on arrive toujours à ce que tout fonctionne ... mais pas en même temps). Dans le show-room était exposée une superbe Silver Wraith II 1979 de première main (N° LRX 36506), qui totalisait moins de 30.000 km. Étonnant hasard, je l'avais justement photographiée onze ans avant alors qu'elle était neuve et exposée en vitrine du même concessionnaire !

Grâce à l'héritage de ma défunte grand-mère partie trop tôt quelques mois avant, je l'acquis pour mon plus grand plaisir. Plus spacieuse et mieux finie qu'une Silver Shadow II, j'ai fait de nombreuses sorties à son volant sans jamais rencontrer le moindre problème et ne m'en suis séparé qu'en 2015 alors qu'elle atteignait tout juste 100.000 km.

 

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En 1994, lors d'une visite au salon de Reims, où j'avais eu la prudence de ne pas prendre trop d'espèces afin de ne pas être tenté par des achats superflus - mes finances étant au plus bas suite à l'acquisition du château de Germigny l'Évêque -je suis tombé en arrêt devant la limousine Silver Wraith 1951 carrossée par Hooper (N° LWVH87) que Pierre Bergé avait confiée à un ami exposant. Ce véhicule exceptionnel, destiné à l'origine pour les USA, avait servi pendant de nombreuses années à Yves Saint-Laurent et était un des sept conçus par le célèbre carrossier en conduite à gauche... J'en tombais amoureux et ai donc vendu ma Silver Cloud ainsi que ma limousine Cadillac 1967 pour l'acquérir.

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Contrairement à la légende, la puissance de son moteur six cylindres de 4,5 litres était très insuffisante et, avec ses 2,5 tonnes sans direction assistée, sa conduite n'était pas vraiment une partie de plaisir. En revanche, sa ligne était majestueuse et le confort des places arrière était irréprochable, sans parler du raffinement de sa cave à liqueur. Je l'ai gardé onze ans et m'en suis séparé après un retour sur la Côte d'Azur où le climat chaud et humide ainsi que le nombreuses côtes ne lui plaisaient pas.

En 2014, j'ai acheté la Phantom VI de 1971 (N° PRX 4657) à la succession de Sergio Leone, décédé pourtant depuis 1989, par l'intermédiaire d'un revendeur londonien. Cette imposante limousine, initialement destinée au Vatican, lui avait été revendue neuve par le concessionnaire romain et elle lui servit à véhiculer les nombreuses stars de Cinecitta pendant de longues années. Détail intéressant, c'est une des très rares à posséder des portes arrière à ouverture inversée et une conduite à gauche plus aisée pour une utilisation en Europe Continentale

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Contrairement à mon ancienne Silver Wraith, elle possède une direction et des freins assistés, la climatisation et se conduit très facilement eu égard à son poids et à sa taille majestueuse. Toujours dans mon garage, je m'en sers assez régulièrement pour partir en week-end ou faire des sorties de véhicules de collection.

En 2015, pour les 50 ans de Ludovic, j'ai acquis aux enchères à Cannes, une Corniche III de 1989 en parfait état, qui n'a parcouru que 24.000 miles depuis sa sortie d'usine et a suivi son premier propriétaire de Floride à Monaco. Actuellement stationnée non loin de chez nous en région parisienne, nous l'utilisons pour de plus longues distances, de préférence quand le temps est au beau fixe.

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Sinon, après avoir été membre du bureau du RREC-France de 1997 à 1999 puis avoir eu le grand honneur d'être élu président en 2000 pour trois mandats ; à la demande des éditions E.T.A.I. j'ai écrit un ouvrage intitulé « Rolls-Royce de 1904 à nos jours » en 2003 et ai ensuite remis cela avec « Bentley de 1918 à nos jours » chez J.P.S.M. en 2008.

Toujours aussi passionné qu'au premier jour, je prends toujours autant de plaisir à conduire une de nos deux Rolls-Royce, de préférence sur de courtes distances, les conditions de circulation et les contrôles de la maréchaussée me fatigant tout particulièrement. Bien entendu, je pense que ce ne sera pas les dernières ayant encore quelques projets des plus déraisonnables que je comblerai un jour si le destin me le permet !

Mai 2020 

 

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Quand j’étais petit (mais je mesurais déjà 1m92...) je me disais « quand j’serai grand, je

m’achèterai une belle auto » !

Le temps a passé, d’abord une BMW un peu ancienne, puis une autre un peu plus récente. Les modes et les goûts changent et mon choix se porte sur une Porsche «Targa». Le son du Flat Twin refroidi par air était magique, inimitable !

En prenant de l’âge, les goûts évoluent encore et l’odeur du cuir, la douceur des boiseries me titillaient déjà. Tout naturellement je regarde vers les anglaises : une berline Jaguar XJ me donne beaucoup de plaisir et ensuite pour faire plus « d’jeune », je la remplace par un coupé XJS. Pour l’instant tout va bien...

Le temps passe, je deviens un peu moins jeune, l’âge de la retraite est arrivé et là, je me dis qu’avant d’être complètement vieux, il me faut avoir une Ferrari. Évident, non ? Et pourquoi pas une Testarossa parce qu’elle un beau « derrière ». Les connaisseurs seront d’accord avec moi !

C’est décidé, direction Monaco. Mon ami David Halliday (il est chanteur mais aussi pilote automobile) qui est maintenant résident sur le « Rocher » me trouve la perle rare. Rendez- vous est pris pour faire un essai : l’auto a plus de dix ans, moins de 4 000 km au compteur, propriété d’un «golfeur» (habitant d’un pays du Golfe !).

C’est à partir de maintenant que ça ce gâte : l’auto est magnifique, elle entre dans mon budget, essai et bonheur parfait... mais au sortir de l’auto je me rends compte que si la Ferrari est encore jeune, moi je ne le suis plus tout à fait ! Manœuvrer le levier de vitesse, l’embrayage, le volant, faire un créneau, s’extraire de l’auto... tout est difficile. Le constat est sans appel : je m’y prends dix ans trop tard !

Totalement dépité, je remonte dans ma Jaguar XJS qui est encore parfaitement compatible avec mes aptitudes physiques et retour à la maison. Bon, sujet suivant...

Sur le chemin du retour vers la Bretagne, je revoyais quelques images du temps de ma splendeur physique et une vision me revenait régulièrement en boucle : mes obligations professionnelles m’amenaient très fréquemment à Paris et particulièrement vers la place des États-Unis. Là, très souvent sur la droite était stationnée une Rolls-Royce. Pour le provincial que j’étais, c’était une auto remarquable, bleu nuit, intérieur beige... Tout ça avait vraiment de la gueule !

Mais revenons à ce pourquoi j’ai commencé ce récit : après l’épisode manqué de la Ferrari, toujours par David Halliday, je suis invité au Grand Prix de Monaco, c’était en 2004. 

Trois jours de festivités et un soir c’est réception à la Villa «Daïquiri» chez les Baccardi (oui, le rhum...) et il est convenu que le chauffeur « de Monsieur » passe me prendre. À l’heure dite, le chauffeur est là, moteur tournant, portière ouverte et je monte dans l’auto qui... est maintenant la mienne ! (non, je ne l’ai pas volé...) : une ROLLS-ROYCE Silver Spur «Centenary», bleu nuit intérieur beige comme toutes les « Centenary » !

Sur le chemin du retour j’avais dit à Michel, le chauffeur, que si un jour Lord Baccardi se séparait de cette auto cela pourrait m’intéresser. Un an après, le 5 juillet j’en prenais livraison et j’emmenais ma maman avec la SPUR « Centenary » dans un beau restaurant de Monaco fêter ses 86 ans ! Sympa, non ?

Bien évidemment, à ce moment-là, j’ignorai totalement ce qu’était la « Centenary »

 

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Un peu d’histoire : La SPUR « Centenary » c’est quoi ? En 1985, année de production de la 100 000ème Rolls-Royce, les ouvriers de l’usine de Goodwood réalisèrent une SPUR dotée d’aménagements et de finitions spécifiques pour commémorer l’événement.

L’auto est si bien réussie qu’il est décidé d’en produire une petite série de 25 exemplaires destinées aux meilleurs clients de la marque : Sultan de Bruneï (n° 01), Lord Spencer -père de Lady Diana- (n° 18)... Deux seulement furent immatriculées en Europe continentale : la n° 14 acquise par le Roi Fahd d’Arabie Saoudite et la n° 16 (la mienne maintenant) par Luis Gomez del Campo Baccardi, Lord of Bayfield Hall. Ses armoiries figurent toujours sur les deux portières arrière...

Spécifications : peinture « Royal Blue », cuirs « Champagne Nuella », parement des portes arrière avec les mêmes boiseries que le tableau de bord, incrustation du sigle RR en argent massif sur les boiseries des hauts de portières, plaque commémorative au verso du couvercle de boîte à gants.

La console centrale avant contient un bar avec ses verres en cristal et ses flasques à whisky en argent massif. En 1985, le prix «tarif» était de £ 77 740 soit £ 9 995 de plus que la Silver Spur habituelle. 

En Octobre de cette même année 2005, je devenais «full member» du R-REC, pour le pire et... le meilleur ! La SPUR « Centenary » était connue des Enthusiasts’ de la marque puisqu’un membre du R-REC France avait accroché dans son garage un poster sur lequel figurent les 25 exemplaires + l’originale de cette série spéciale. Ce poster est maintenant dans mon salon ! Non, je ne l’ai pas volé non plus, c’est Jean-Yves Rondeau qui me l’a tout simplement offert, sans haine ni violence...

Americo s’occupe merveilleusement bien de cette auto que j’utilise régulièrement, ce matin encore pour aller faire mon marché à Quiberon. Il y a pas si longtemps, c’est mon ami et presque voisin, Arnold Lévitte, membre du R-REC dont la Bentley lui a fait une « infidélité électrique » qui est venu la chercher pour marier sa nièce dans les fin fonds de notre Bretagne... Je le soupçonne de l’avoir fait exprès parce que mon auto est « presque bien plus mieux » que la sienne !

Voilà mon arrivée dans le monde Rolls-Royce mais à force de m’entendre dire que « si à 70 ans on n’a pas encore de Bentley c’est qu’on a raté sa vie », alors je suis passé à l’acte il y a trois ans avec un cabriolet Bentley Azure mais ce sera l’occasion d’une autre histoire...

Jean-Pierre BOIROUX Mai 2020 

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L’HISTOIRE VRAIE DE TRULY, NÉE LE 25 MARS 1993 DE PARENTS CONNUS 

 

 

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Elle se prénomme Truly, aurait dû s’appeler Sabine, mais voilà, elle est Anglaise.

Ma taille 1,30 m : Son histoire a commencé il y a bien longtemps, celui qui allait devenir son père adoptif, rêvait, pinceau et tube de colle à portée de main, pour assembler des petites voitures qui allaient nourrir un imaginaire qui les conduirait au- delà du réel. Au cinéma : « Chitty Chitty Bang Bang », son chauffeur Caractacus Potts et sa future femme.

Taille actuelle : moins que celle de Roger Moore, mais suffisante.
Le futur propriétaire, fraichement diplômé, déambule dans les rues de Paris, nous le trouvons rue Froissart. Il s’arrête : qu’est donc cette dame noire, gracieuse, féline, allongée le long du trottoir. Une Continental R ??? Il part, les vitrines suffisent amplement, sans parler des garagistes en figurines et absolument bénévoles.

Taille, la même. Mais sans sa future maîtresse, on le trouve à Deauville, où il s’autorise le type d’hôtel dont ladite maîtresse dévorera le budget. La légitime épouse a commis l’erreur de le laisser livré à lui-même. Il se souvient des paroles de Sabine Paturel : « Je fais rien que des bêtises, des bêtises, quand t’es pas là.... ». Il a loué un scooter, tout de même (sacré flambeur).

Sur le bureau du Concierge dudit hôtel, une pile de grimoires, non le catalogue d’un certain Poulain, une vente de Yearling sans doute ? Un coup de vent soudain, le grimoire s’ouvre page 34, elle apparait, envoûtante.
Hippodrome de Deauville le 12 juillet 2009. Elle est là, la sœur jumelle de celle de la 
rue Froissart ? Une estimation insultante pour un pareil bijou, un Renoir sur roues. 

Allez, une inscription à la vente, cela ne coûte rien. Démarre-t-elle ? Ne sombrons pas dans la vulgarité, regardez-là, cela suffit.

13 juillet 2009. 15 h. L’impétrant, tremblant comme des feuilles de saule, muni de sa pancarte, attend. Ledit Poulain, qu’on appellera désormais Hervé, égrène quelques splendides pouliches. Il annonce une Testa Rossa, qui ne rencontre que du mépris. Un mauvais Godard. Hervé s’offusque : « mais je pensais que les gens avaient de l’argent, ici ? ». En vain.

Le lot 31 arrive. C’est elle, la Continental R 1993. L’enchère démarre. Celui qui ne fait pas tout à fait la taille de Roger Moore lève sa pancarte. Silence. Que se passe-t- il ? Un sentiment de malaise l’envahit, Sabine Paturel fredonne : « J’ai tout mangé le chocolat, j’ai tout fumé les Craven A... ».

Il appelle le banquier : mais enfin, vous n’allez pas vider vos comptes ? Et votre compte-joint ? Le banquier larmoie. Trop tard.

Et ME voilà de retour à l’hôtel. J’ai perdu la transparence conférée par mon scooter. Le Directeur, obséquieux, me remarque et m’interpelle, affable : « Vous ne restez que trois jours parmi nous, quel dommage ! ».

Le jour du retour. Une station-service – oui elle boit, sans la moindre modération et pas de la piquette ; je suis interpellé par une jolie blonde en Mini – pas jupe !! – « Le bouchon de mon réservoir est bloqué, pouvez-vous m’aider ? -voix chaude, du Sofia Loren - J’ai reconnu votre voiture, vous étiez à l’Hôtel... ? ». Passons sur cette histoire, CENSURE, plus de budget Blonde.

Arrivée à Paris. « Allo, Marie, peux-tu descendre, j’ai quelque chose à te montrer ». Réponse cinglante : « impossible, je ne suis pas prête ». Réplique : « Si Cary Grant était en bas, tu descendrais ? M. : « Bien-sûr ». PH : « Alors descend ». Les jumelles s’installent à l’arrière, déjà chez elles. Marie ne me croit pas, ou si, je lui montre la facture et elle prend la mesure de ma folie.

Me voici parvenu à l’entrée d’un populaire parking public. J’aborde avec terreur la rampe étroite. A chaque frottement des pneus, l’eau monte, alimentée par ma sueur.

Elle s’appelle Truly, mais si, la Truly Scrumptious de « Chitty Chitty Bang Bang », rappelez-vous, la voiture magique.

Voilà, c’est notre histoire, plus de dix ans ont passé, déjà. La famille s’est agrandie, la belle est aimée, choyée, adoptée. Elle nous a fait vivre de merveilleuses aventures et permis de croiser tant de personnes passionnantes.

Le 5 avril 2020, confiné, me voici avec mes vitrines et mes rêves intacts. Les portes de la cage aux oiseaux sont grandes ouvertes : merci Sabine, merci Pierre [Perret].

Pierre-Henri Hanoune Avril 2020